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Ah ! Ces Marguerite!

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Marguerite, prénom porté indifféremment par des reines, des sainte ou d’humbles paysannes; il était très répandu dans les sociétés anciennes, avec ses nombreuses et si poétiques déclinaisons. La reine Margot (belle Marguerite de Valois, première épouse d’Henri IV), la poétesse Marguerite de Navarre, ou la bergère Margoton de la chanson de Brassens.

Pensons à Marguerite Duras ou Marguerite Yourcenar, grandes écrivaines du XXe siècle.   Et notre histoire québécoise se rappelle de la bienheureuse Marguerite d’Youville (Hôpital général de Montréal) ou de sainte Marguerite Bourgeois (les Dames de la Congrégation Notre-Dame).  Sans oublier les innombrables Marguerite et Marie-Marguerite de nos registres paroissiaux! La Marguerite, c’est aussi la reine des prés qui nous charme l’été en ondulant gracieusement sous la brise avant qu’un amoureux ne la cueille et ne l’effeuille en l’interrogeant: m’aime-t-elle? Le dernier pétale donne toujours la réponse.  Mais l’avis d’un rédacteur de la Gazette de Québec, en juillet 1813, rejoint sans doute celui de nombre de producteurs agricoles actuels sur cette plante que le Frère Marie Victorin désigne sous le nom de Chrysanthemum Leucanthemum dans sa Flore Laurentienne.  Voici donc ce que cet inconnu du XIXe siècle en disait, avec l’orthographe et la syntaxe de l’époque:  Les Praires dans les environs de cette Ville sont maintenant une apparence des plus belles quoique triste pour ceux qui en connaissoient la cause. La plante appelée Marguerite qui est maintenant en fleur a banni presque toute la bonne herbe des Prairies. Toutes les tentatives pour la détruire et l’empêcher de se répandre ont été inutiles. Les labours et la culture la plus soignée ont été suivis d’une récolte de cette plante plus abondante qu’auparavant. Les Amis de l’Agriculture et de la prospérité générale rendroient un service important au voisinage de cette Ville en indiquant quelque moyen efficace et généralement praticable de détruire cette plante pernicieuse et de l’empêcher de croître à l’avenir.   Pernicieuse? Vraiment!  Permettez à l’auteure de Marguerite, des Chroniques de Chambly, d’être profondément choquée!  Louise Chevrier Illustration:  John-p   (www.sxc.hu )