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Ce que nos ancêtres faisaient avec la monnaie

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Sous le régime français, la monnaie métallique était rare. C’est la monnaie de cartes et les titres fiduciaires qui servaient à régler les comptes. Laurent Perrault, cultivateur prospère de Chambly, avouait détenir en 1761 quelques biens de valeur, tous évalués en livres françaises. Dans un placard, sans doute fermé à clefs, on découvre tout le détail de sa richesse:

un gobelet d’argent valant 100 livres,une créole d’or de 48 livres,une tabatière d’argent de 48 livres,une lettre de change datant de 1759, valant 2 300 livres,en cartes moulées du trésor, 174 livres;en ordonnances et en billets moulés du trésor, 972 livres. (notaire Antoine Grisé, 18 mai 1761)   On remarque que l’impécunieux Perrault détient de la monnaie de papier, quelques vaisselles d’or et d’argent, mais aucune pièce sonnante et trébuchante. Un objet en or ou en argent demeurait un bien d’une valeur plus fiable et plus stable sur le marché que le papier monnaie.   Un officier français avait observé que «le peu d’espèces sonnantes qui était répandu dans cette colonie par les officiers des vaisseaux du Roi et des navires marchands était aussitôt enlevé par les particuliers qui en faisaient faire de la vaisselle ou l’enfermaient pour ne plus reparaître». (Bougainville, 1758, cité dans Lamontagne, p. 133). Ceci explique peut-être pourquoi on trouve François et André Delagrave, maîtres-orfèvres établis à Chambly et à Saint-Mathias, jusque vers 1810.   Paul-Henri Hudon