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Des centenaires à Chambly

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Trop souvent nos ancêtres ignoraient leur année de naissance. Lors de leur sépulture, le célébrant enregistrait leur âge selon le dire des témoins. Et l’âge était parfois exagéré. C’est le cas des centenaires.

Le record de longévité semble être détenu par Archange Decelles, veuve de Joseph Benoit, inhumée le 27 octobre 1860, à l’âge de 109 ans, 2 mois.(Voir illustration – cliquer pour agrandir). On trouve aussi François Benoit, 107 ans, enterré le 4 novembre 1792. Marguerite Breux aurait eu 104 ans quand on la porte en terre le 7 février 1838, et Charles Grisé, 101 ans, le 14 décembre 1863. Et encore François Célerier dit Roque, 101 ans, 10 mois, le 21 août 1824. Marie Langevin, «près de cent ans», le 16 mai 1831. Quant à François Heinsse (Hains), cultivateur, il avait cent ans, le 6 juin 1854 et la veuve d’Augustin Massé, Élizabeth Boucher, 102 ans, le 14 janvier 1856, lors de leur sépulture. Mais est-ce si sûr? Peut-on vérifier l’âge exact de ces personnes? Oui. Il suffit de trouver l’acte de naissance (ou de baptême) de ces personnes. Mais, pour ce faire, il faut connaître les parents de cette personne. C’est alors que l’acte de mariage vient au secours. Ainsi Charles Grisé qui a épousé Appoline (Poline, Hypolithe) Pelletier à St-Joseph, le 4 novembre 1794, est le fis de Charles Grisé et de Véronique Larivière. Selon l’acte de mariage des parents signé le 16 février 1767, notre centenaire est né le 19 et baptisé le 20 août 1768. Ce qui lui donne non pas 101 ans, mais 95 ans. Il est plus difficile de préciser l’âge réel de François Benoit et de Marguerite Breux. Si François Benoit avait 107 ans en 1792, il serait né vers 1685. Mais ne sachant pas le nom de ses parents, et n’ayant aucun indice d’un quelconque acte de naissance, il est hasardeux de décréter lequel des deux ou trois «François Benoit» naissait entre 1685 et 1700. Il en est de même pour Marguerite Breux. Fille de qui? Épouse de qui? Née où et quand? Archange Decelles, pour sa part, demeure un mystère. Nous avons bien une Desanges Duclos dit Decelles, fille de Pierre et de Louise Lalanne, qui épousait Joseph Benoit à St-Mathias, le 7 février 1842. Il est peu probable qu’elle soit née avant que ses parents ne se soient mariés, c’est-à-dire le 17 octobre 1808. Elle ne peut donc pas avoir 109 ans en 1860. Et une autre Archange Decelles, baptisée le 29 juillet 1799. La marraine de cette dernières est une troisième Archange Decelles. Cette fille «mineure» de Basile Decelles et de Charlotte Colette, épousera Isidore Bernier à St-Joseph-de-Chambly, le 30 septembre 1816. La centenaire (109 ans) pourrait être cette marraine. Mais comment le vérifier de façon certaine? Quant à Élisabeth Boucher, fille de Jean-Baptiste Boucher et de Marie-Claire Richard, elle a été baptisée à La Pocatière, le premier janvier 1765. Elle avait seulement 91 ans. Mme Louise Couture procède actuellement à une recension des très nombreuses personnes inhumées dans le cimetière de la paroisse St-Joseph-de-Chambly. Une vaste enquête, longue et interminable. Au terme de laquelle, elle nous révèlera le nombre de dépouilles qui reposent autour de l’église St-Joseph, rue Martel. Alors posons la question à nos lecteurs. Combien de trépassés, pensez-vous, «qui sont morts dans l’espérance de la résurrection», entre 1739 et 1941, attendent sous terre la vie éternelle? Trois mille? Cinq mille? Paul-Henri Hudon Références: Recherche: Louise Couture. Registres de la paroisse St-Joseph-de-Chambly, sépulture no 26, 27 octobre 1860. Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.