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Des slogans électoraux

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Des slogans électoraux, nous en avons tous mémorisé quelques uns. Nous avons connu le célèbre «Maîtres chez nous» (1962), l’audacieux slogan «Égalité ou indépendance» (1966) et le prometteur «Toujours de l’avant avec St-Laurent» (1953), ce charmant vers de dix syllabes.

Qui se souvient du mémorable slogan de l’Union Nationale lors de la campagne électorale de juin 1952: «Laissons Duplessis continuer son oeuvre». Un autre beau décasyllabe bien chantant, qui m’est resté en mémoire.   J’avais onze ans, lorsque mon père m’avait emmené, un dimanche après-midi, à une assemblée politique des Libéraux. Pour la première fois, j’entrais dans un sombre amphithéâtre lourdement enfumé, rempli à ras bord d’hommes à cravates et chapeaux, qui applaudissaient, sifflaient, riaient. Tous les sièges étaient remplis. Plusieurs étaient debout dans les allées, rasant les murs, cigare au bec, fascinés par les orateurs, en bas, sur une scène éclairée, Il y avait là quelques vedettes du temps, des maires régionaux, des candidats en ambition de parlementaire, des bannières avec messages, des jeunes orateurs en probation politique, Surtout, c’était tonitruant dans cette salle, chauffée à blanc par des meneurs de claques, excitée par des blagueurs de micros et ameutée par des marteleurs de slogans.   C’était une victoire électorale que les Libéraux de Georges-Émile Lapalme convoitaient. Le candidat de ce comté était un obscur avocat de Québec, je crois, du nom d’Elphège Veillette (Mais pourquoi donc me souviens-je de son nom ?). Mais ils mordront la poussière, les Libéreux. On sait aujourd’hui que Duplessis, l’ami des cultivateurs, triompha en 1952 et en 1956. Quoi qu’il en soit, ce fut pour moi une immersion dans le grouillant marais des organisateurs politiques. Une leçon d’enthousiasme démocratique. Paul-Henri Hudon Image: Le Richelieu, 26 juin 1952     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.