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Deux boulevards sur la rive sud en 1912

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Les automobiles qui circulent dans nos villages se font alors bien rares. Mais, en 1912, on ne veut pas rester en panne de développement. L’application de goudron ou de bitume sur les routes passantes s’impose dans cette décennie de prospérité.

Le gouvernement libéral du premier ministre Sir Lomer Gouin, qui se veut progressiste, adopte la célèbre loi dite Loi des Bons chemins. On prévoit que l’automobile peut amener des touristes et une manne de revenus, particulièrement des États-Unis. On y va donc généreusement. On propose non pas un seul, mais deux boulevards sur la rive sud. Une première route passant à Saint-Jean, irait de La Prairie à Rouse’s Point. Une seconde route internationale de Montréal à Rouse’s Point, passant par Chambly et Saint-Jean, est maintenant chose décidée. Rien de moins. Le lecteur comprendra qu’il s’agit d’améliorer les chemins déjà existants. Mais surtout de surfacer les chemins à ornières par la pose de macadam. Il semble que jamais un gouvernement ne s’était autant préoccupé de l’état des routes au Québec. «La route via Chambly aura 52 milles de longueur à partir du square Victoria jusqu’à Rouse’s Point», précise le journaliste. «Elle existe depuis la fondation du pays. Il y a déjà 15 milles ayant un fond de macadam. C’est le chemin de Chambly. Viennent ensuite le long du canal de Chambly, huit milles de chemin appartenant au gouvernement fédéral, qui a déjà commencé à faire du macadam… Bref, la route internationale de Montréal à Rouse’s Point via Chambly pourrait bien être complétée avant celle via La Prairie et Napierville». (La Patrie, 21 février 1912) Les promoteurs municipaux sont, dans la municipalité de la Paroisse de Chambly, R. Raymond, et Moïse Raymond. Pour la municipalité du Bassin de Chambly, François-Xavier Audet et Victor Raymond. Joseph Bouchard et Irénée Auclaire représentent la municipalité du Canton de Chambly. Le député de Chambly, Eugène M. L. Desaulniers, et le ministre Joseph-Édouard Caron reçoivent les appuis enthousiastes, il va sans dire, du journal très libéral, La Patrie, pour ces projets de chemin. Bien sûr, aucun lecteur ne voit là une promesse politique. Même si Lomer Gouin est le député de Saint-Jean, où aboutissent les deux boulevards. Mais le macadam, hein? Peut-on s’en passer? Paul-Henri Hudon Photo: Pose du macadam vers 1912 devant l’auberge qui a porté les noms de hôtel Janelle, Palmieri et Monaco, avenue Bourgogne à Chambly. Les personnes ne sont pas identifiées. Archives de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly.