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Deux suicides à Chambly en août 1829

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Les registres des paroisses ne disent pas tout. Parfois un seul mot modifié dans l’acte de décès nous révèle une situation particulière. Voyons ce qu’on peut lire le registre de 1829.

«Le 4 août 1829, nous, prêtre soussigné, avons inhumé le corps de Jean-Baptiste Gauvreau, vivant menuisier de cette paroisse, décédé la veille, âgé de 32 ans. Étaient présents Joseph Brunet et Antoine Robert qui n’ont su signer. Pierre-Marie Mignault.» «Le 13 août 1829, en présence de Messieurs Joseph Bresse, Basile Mignault, Pierre Gauvreau, Noël Lareau, soussignés, a été inhumé près de la chapelle sud de l’église, hors et proche le cimetière, le corps de Brien O’Donald, qui s’est donné lui-même la mort, comme il est constant par le verdict du capitaine Basile Mignault. Témoins Joseph Bresse, Basile Mignault, Pierre Gauvreau et Noël Lareau.» Les personnes qui se donnaient la mort n’avaient pas droit à l’inhumation dans le cimetière catholique, considéré comme terre sainte. Ainsi le prêtre ne pouvait pas présider à une cérémonie d’enterrement. Brien O’Donald, cordonnier irlandais, est donc enterré hors du cimetière, sans cérémonie, mais où assistent des témoins, dont le curé. Or, un avis de décès dans le journal nous apprend ceci, que le registre ne dit pas: «Jean-Baptiste Gauvreau de Chambly a mis fin à son existence en se pendant lundi dernier dans sa grange. Il avait travaillé une partie de la matinée à ses foins. Il était veuf et laisse deux enfants en bas âge. Il était âgé de 32 ans. Il avait manifesté quelques signes de folie depuis quelques temps.» (La Minerve, 6 août 1829) Si le suicide était causé par un acte de folie, le trépassé pouvait bénéficier de funérailles religieuses et de la sépulture ecclésiastique. Ce fut le cas pour Gauvreau. Mais le registre ne mentionne pas la cause de ce décès hors norme.. On aura remarqué que le curé écrit dans un cas Nous avons inhumé, et dans l’autre A été inhumé… précisant la réserve de l’Église quant à une sépulture jugée à l’époque scandaleuse. (Illustration) Le monument présenté ici, qui rappelle la mémoire d’un défunt, se trouve dans le cimetière de la paroisse Saint-Mathias. Il n’a aucun lien avec les deux décès précédents. Rédaction: Paul-Henri Hudon