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En canot sur le Richelieu

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

La Bibliothèque nationale de France conserve dans ses voûtes un exemplaire d’un livre de l’Américain Nathaniel Holmes Bishop (1837-1902) intitulé En canot de papier, de Québec au golfe du Mexique, 2,500 milles à l’aviron. Traduit en français et publié en France en 1879, ce livre de 316 pages raconte une expédition réalisée par Bishop en 1874 et 1875 à bord du Mayeta, un canot effilé.

«L’auteur est parti de Québec, capitale du Canada, le 4 juin 1874, avec un seul compagnon, dans un canot en bois, long de dix-huit pieds, et faisant route vers le golfe du Mexique. Il se proposait de suivre les cours d’eau naturels ou artificiels du continent, en marchant toujours vers le Sud jusqu’au golfe du Mexique et en ne descendant à terre que le moins souvent possible, voulant prouver que des canots d’un faible tirant d’eau peuvent ne rencontrer que très peu de lacunes pour aller des régions glaciales et brumeuses du Saint-Laurent, au nord, jusqu’à la grande mer dont les flots battent au sud les côtes sablonneuses des Etats-Unis», écrit en introduction le traducteur Hephell (pseudonyme de Fanny Le Breton). Une bonne portion du chapitre troisième de son récit de voyage est consacré au Richelieu. Bishop mentionne les villages qu’il découvre ainsi que le canal de Chambly, «construit trente-quatre ans avant ma visite». «Après avoir quitté Sorel, celte dernière rivière [Richelieu] traverse des terres cultivées, et l’on trouve sur ses rives les petites villes de Saint-Ours, Saint-Roch, Saint-Antoine, Saint-Marc, Beloeil, Chambly et Saint-Johns. De petits bateaux à vapeur, dits remorqueurs, et des trains de bois passent du Saint-Laurent au lac Champlain (qui est presque complètement dans les États-Unis), en suivant le Richelieu jusqu’à Chambly; là il est nécessaire de prendre, pour éviter les rapides et les hauts-fonds, le canal latéral qui mène, en douze heures, à Saint-Jean, où est la douane du Canada.» Il explique qu’«avant d’entrer dans le canal, nous séjournons au bassin Chambly jusqu’au 16 juillet au soir. Cette localité est un lieu balnéaire fréquenté par les habitants de Montréal, qui y viennent aussi pour jouir du plaisir de la pêche, qu’on dit être très abondante en cet endroit». Bishop ajoute qu’à Saint-Ours, «le gardien de l’écluse nous avertit qu’un droit de péage de vingt-cinq cents nous sera réclamé au bassin du Chambly». Le journal de l’expédition de Nathaniel Holmes Bishop est disponible en français, directement dans le site de la Bibliothèque nationale de France. Ses livres, rédigés en anglais, sont aussi disponibles en ligne. La vaste bibliothèque Internet Archive les offre gratuitement. François Gloutnay