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Et les mots pour le dire n’arrivent pas toujours aisément

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

En lisant les documents anciens on découvre des mots ou des tournures de phrases qui nous renvoient à plusieurs de nos expressions actuelles héritées de la vieille France. Parfois on crée librement des mots nouveaux. Ailleurs on gargouille, on désarticule les sons. Je vous en cite quelques uns, extraits de ma collection:

J’ai trouvé par exemple, qu’on écrit au son certaines syllabes. On écrira “bourdignon”, comme prononcé par l’habitant, au lieu de bourguignon; et “quantigné” pour désigner un cantinier (AG, 9-12-1777).Et un “travertier” est bel et bien un traversier et non un travesti. (RB 6-4-1807). Renaud devient Arnault. Menuisier devient “munuisier” et meunier, “munier”; semer, “sumer”. Et des mots adaptés à notre identité. Par exemple dans les inventaires des habitants on trouvera: – Un esquimau d’une valeur de 6 livres (AG 2-10-1780). De quoi s’agit-il?- Une créole d’or valant 48 livres (AG 18-5-1761). Dans l’inventaire des monnaies de Laurent Perrault.- Un enfer d’une valeur de 136 livres (AG 1-8-1775). Dans la boutique d’un forgeron.- Un couteau avec son suiteron (AG 2-3-1779). Son étui peut-être?- Un poêle d’Hurope à deux étages (AG 20-9-1779). Différend d‘un “poêle du pays tout monté”.- Une tabatière, partie en argent, partie en nac, en perles et en joyeaux (AG 24-10-1774). Mais quelle chique!- Dix minots de blé “sumés” (JL 21-6-1756). Bon! O. K. Du moment qu’on les assume! Et ce legs étrange que Joseph Franchère, major de milice de Saint-Mathias, remet à son frère Timothée: Une chaîne de cheveux, montée en or, qui est des cheveux de sa mère, et d’autres personnes. (René Boileau, 30 décembre 1826). Étonnant objet! Des adaptations langagières: – Joseph Maranda est “maçonnier”, au lieu de maçon (RSJ, 20-2-1810).- les “ouvrillier”, à la place de: mettre les ouvriers au travail, c’est-à-dire, faire travailler les ouvriers !!!! (JBG 14-11-1786).- “pignonné” en planches, au lieu de: pignons couverts en planches (RB 10-3-1807).- un “étoc”, comme le prononçait mon père, est bel et bien un étau (RB 6-8-1805). Étoc serait le pluriel d’étau selon le dictionnaire Robert. Tiens donc !- un clerc devient un clair ((RB 12-9-1804).- des “sitoients” sollicités pour le presbitaire sont bel et bien des citoyens contribuables. (FL 10-1-1801).- on écrira: déposé dans “sa cristie”, au lieu de déposé dans la sacristie. J’ai lu aussi – “Batis Camp”, pour Batiscan (RB 2-11-1806) et- Saint-Anislas au lieu de St-Stanislas.- “Jean Linge” au lieu de John Lynch dans les registres paroissiaux. Je n’ai pas pu identifier les mots: – une récolte de 200 bottes de “perzas”. Qu’est-ce que c’est des perzas ? (GH 23-10-1740).- une veste de mazamet ou pinchereul (GH 1-6-1745). Est-ce du coton, de la soie, de la laine ? Les dates renvoient à une archive notariale ou paroissiale tandis que les initialesAG, désignent le notaire Antoine Grisé.GH, le notaire Gervais Hodiesne.JL, le notaire Joseph Lalanne.JBG, le notaire Jean-Baptiste Grisé.FL,  le notaire François Leguay.RB, le notaire René Boileau.   Paul-Henri Hudon   Image: dynamix / sxc.hu     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.