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Le point de vue animal sur l’histoire

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

«Si le poisson pouvait écrire, il raconterait une tout autre histoire de pêche», dit le proverbe. Il est vrai que les récits d’histoire sont toujours dépendants du narrateur. De son point de vue. De ses préférences, de ses goûts et ses choix. L’histoire est toujours sélective. Bien plus, l’histoire partiale reste partielle. La connaissance du passé demeure toujours imparfaite. Il est vrai cependant que les thèmes d’histoire se diversifient de plus en plus. Récemment, par exemple, on s’intéresse à l’histoire du climat, des plages, de la beauté, de la virilité, aussi bien que «des espaces publics de loisirs dans Montréal» ou des techniques de chauffage dans les maisons du Québec. Bref, on multiplie les perspectives historiques. On accroît les connaissances du passé.

Je viens de terminer la lecture d’un ouvrage français sur la place des animaux dans l’histoire. Éric Baratay signe Le point de vue animal, une autre version de l’histoire (Seuil, 2012, 390 pages) et propose une perspective originale sur le passé. Ainsi l’importance des chevaux lors des explorations de la planète, sur les champs de bataille, l’utilisation des pigeons voyageurs, des taureaux de corrida, des chiens de compagnie, animaux de spectacle ou de cirque, aussi bien que d’utilité. Bêtes de somme, gibier de chasse ou animaux d’abattoir. Voilà. Une histoire qu’on oublie. Une histoire qu’on leur devait à ces compagnons de l’homme.  Rappelons qu’en automne 1812, les armées impériales françaises et russes alignaient chacune 163 000 chevaux. Chevaux de selle, de cavalerie; les plus robustes servant au halage des fournitures, au ravitaillement. La plupart ont péri sous les coups de canon, sous le froid, d’inanition, de blessures; tués pour nourrir les troupes, ou simplement abandonnés lors de la retraite précipitée. Il en fut de même en 1914-1917, chevaux soumis à la brutalité des longues marches, exposés à l’horreur des canonnades, blessés, charcutés, souvent maltraités. Paul-Henri Hudon Image: Bogdan Willewalde, Scene from the Russian-French War in 1812, AllPosters.com.