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L’étonnante histoire de Jean Besset, fils

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

L’histoire de ce jeune homme d’une famille pionnière remonte aux premiers jours de la seigneurie de Chambly et ne manque pas de rebondissements.   Ses parents sont Jean Besset et Anne Seigneur. Elle est fille du roi et lui, soldat du régiment de Carignan-Salière. Leur mariage a été célébré à Chambly en juillet 1668. Le couple vit au fort Saint-Louis (premier nom du fort de Chambly) où naîtra leur fils Jean, leur troisième enfant, le 27 décembre 1672. Son parrain est Jean Dupuis, qui habite au fort, de même que la marraine, Marie Vara, épouse de Lamarche. La cérémonie de baptême se déroule le premier janvier suivant, dans la chapelle du fort de bois. Le missionnaire récollet Pierre de Caumont inscrit cette naissance dans les registres de Boucherville et de Sorel (1).

Au même moment, Jacques de Chambly, reçoit officiellement sa seigneurie en 1672. Jean Besset sera l’un de ses censitaires et obtient une concession qui sera notariée en 1673. Au recensement de 1681, la famille comprend le père, Jean Besset dit Brisetout, 39 ans et la mère, Anne Seigneur, 32 ans. Leurs enfants sont: Marie, 13 ans, Jacqueline, 10 ans, Jean, 9 ans, Simon, 5 ans et Marianne, 2 ans.   Mais après cette date, la région devient dangereuse à la suite d’incursions iroquoises dans la seigneurie et les habitants fuient Chambly. Les Besset seront vus à Boucherville, à Contrecoeur et à Montréal, avant de se fixer à Laprairie.   Toutefois, vivre à Laprairie n’est pas de tout repos. Les attaques des Agniers se multiplient et Jean Besset père sera fait prisonnier en novembre 1690 (2). L’année suivante, c’est au tour de Jean, le fils, 19 ans, d’être victime des Agniers: au cours d’un affrontement il sera scalpé sur place! Mais le solide jeune homme survit, ce qui est un exploit en soi puisque généralement, on mourait des suites d’un tel traitement.   Quelques années plus tard, toujours à Laprairie, Jean Besset, fils, fait encore parler de lui. Il souhaite épouser la veuve Marie-Anne Benoit dit Livernois, de sept ans son aînée. Les parents Besset, pour des raisons qu’on ignore, s’opposent à ce mariage. Comme le jeune homme est mineur (25 ans est l’âge de la majorité sous le régime français), le consentement des parents est obligatoire. Ces derniers abusent de leur autorité et les fiancés s’enfuient à Montréal où le mariage sera célébré en catimini, le 16 mai 1695. De connivence avec les fuyards, l’abbé Geoffroy, curé de La Prairie La Magdelaine les bénit. L’histoire est notée dans le registre paroissial:   Le père du dit Jean Besset s’étant opposé au dit mariage, je lui sommai en présence de deux témoins comme il paraît dans l’acte ci -joint d’aller dire ses raisons à M. Dollier. [Le vicaire général.] De quoi n’ayant pas tenu compte, a jugé juridiquement cette affaire après avoir différé pendant huit jours, m’a ordonné de prendre le mutuel consentement de Jean Besset et Marie-Anne Benoist comme il paraît aussi par l’acte ci-joint signé de sa main et ce, hors de la paroisse, en l’église de Ville-Marie, à cause de violence dont le dit Jean Besset père le menaçait.   Marie-Anne Benoist Livernois (3) sera doublement victime des attaques iroquoises. Son premier époux, Jean Bourbon, a succombé au cours de l’attaque de la Fourchette du 4 octobre 1690. La jeune veuve, seule avec trois filles à élever, dut attendre le 3 décembre suivant pour inhumer son mari. Deux ans après son second mariage, elle meurt à son tour sous une main iroquoise, le 9 août 1697.   À 25 ans, Jean Besset fils a donc souffert de tous les tourments de l’époque. Il attendra quelques années pour se remarier, ce qu’il fera le 17 septembre 1700 avec une jeune fille de 16 ans, Madeleine Plamondon (4). Jean s’est réconcilié avec ses parents puisque ceux-ci assistent à ce second mariage.   La signature de la Grande Paix de Montréal en 1701 offre à la seigneurie de Chambly l’espoir d’une renaissance. Madeleine et Jean quittent alors La Prairie et ses douloureux souvenirs. Ils sont à Chambly en 1705 où nait leur deuxième enfant.   Les parents Besset ont suivi, de même que la plupart de leurs enfants. Jean Besset, père est enterré à Chambly le 5 janvier 1707. Anne Seigneur survit de longues années à son mari. Elle est inhumée le 4 juillet 1733, âgée de 86 ans, dans le cimetière, en présence de tout le monde et un enfant avec elle nommé Pierre, de père et mère inconnus.   Toute la grande famille Besset vit du côté de la Pointe Olivier, (aujourd’hui Saint-Mathias). Madeleine Plamondon, seconde épouse de Jean Besset fils, est la première sage-femme connue de Chambly.   Louise Chevrier   Sources: (1) Les détails du baptême sont tirés du PRDH.(2) Les premiers habitants de Chambly et le recensement de 1681, numéro 26 de Les cahiers de la seigneurie de Chambly, avril 2003, page 31.(3) Fille de Paul Benoit dit Livernois et d’Élisabeth Galinet, baptisée à Montréal le 9 mai 1665. Marie-Anne Benoit Livernois avait épousé Jean Bourbon à Boucherville le 27 février 1680.(4) Elle est née à La Prairie le 22 mars 1682, fille de Philippe Plamondon et de Marguerite Clément.Langlois, Michel, Carignan-Salière 1665-1668, La Maison des ancêtres, Drummondville 2004, 517 pages. Hudon, Paul-Henri et l’équipe de généalogie de la Société d’histoire de seigneurie de Chambly, Les premiers habitants de Chambly et le recensement de 1681, Les cahiers de la seigneurie de Chambly, numéro 26, avril 2003.     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.