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On meurt aussi à la guerre

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Le journal La Presse de Montréal s’était fait un ardent propagandiste de la Grande Guerre. Bien sûr, la censure étant au coin de la fenêtre, le journal ne fait état que de victoires glorieuses, de succès des Alliés, de gains continuels. Comme si la paix allait arriver demain, au bout du dernier tir de fusil. Bref, c’est une douce guerre sans douleur, sans souffrances, sans peur, où l’héroïsme n’a d’équivalent que la bravoure des nôtres. Et la victoire à portée de main.

Toutefois, le quotidien publie occasionnellement, en 1917, des rapports sur les pertes de soldats au front, avec les photos des victimes. Sans jamais décrire les circonstances horribles de ces tueries. «La dernière liste officielle des pertes canadiennes, communiquée par le ministère de la Milice, fait mention de 68 soldats au nombre desquels se trouvent deux Canadiens français et un Montréalais, dont voici les noms et les photos: – Le soldat Earl Mongeau, fils de M. James Mongeau de Longueuil, tué à l’ennemi.- Le soldat Eugène St-Ours, fils de Mme veuve Omer St-Ours, 667 rue Grand-Tronc, mort de blessures reçues à l’ennemi.- Aussi tué sur le champ de bataille: Numéro 438589, le caporal F. H. Donovani, 84, Grand Boulevard, Notre-Dame-de-Grâce, Montréal.- Disparu, mais revenu au Corps: Numéro 847458, Édouard Lefebvre, 101, rue Shepherd, Montréal.- Blessé: Numéro 81608, Alex Morin, 87, rue Hyde, Montréal.» Victor Hugo écrivait: «Depuis six mille ans, la guerrePlaît aux peuples querelleurs.Et Dieu perd son temps à faireLes étoiles et les fleurs.» (Les Chansons des rues et des bois)  Paul-Henri Hudon   Références: La Presse, 21 février 1917. Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.