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Quelques curiosités dans les archives

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Les documents anciens nous révèlent parfois des détails curieux. Ainsi cette inhumation à Chambly: «Le 6 février 1767, nous, Félix Berey, missionnaire récollet, avons inhumé le corps de René Ménard, âgé de 69 ans dans le cimetière de Saint-Joseph, sous la chaire de prédication». Alors, ce défunt? Est-il enterré sous l’église ou dans le cimetière? Je ne peux croire que la cimetière soit au sous-sol, sous la chaire de prédication? À quoi cela servirait-il de prêcher aux morts?

Ou encore ces deux baptêmes: «Le 3 décembre 1767, nous avons baptisé Pierre, fils illégitime de Thérèse Dompierre, et dont le père est ignoré. Parrain, Jean-Baptiste Hodiesne». Ce qui donnait un p’tit Pierre Ignoré ou un Pierre Sans-père Dompierre! Et encore, «Le 28 février 1767, nous avons baptisé Baptiste Bonaventure, fils de Véronique Languedoc et d’un père inconnu». Pardon! Ici le père est à moitié connu. Il s’agirait d’un nommé Bonaventure. À moins qu’on ait confondu ce mot avec la mésaventure de cette jeune fille! Parfois, selon les époques, le registre paroissial mentionnait le nom de la mère d’un enfant illégitime. Mais le nom du père pouvait ne pas paraître, sauf s’il est présent à la cérémonie du baptême. Vers 1770-1780, il était même de bon ton de déclarer le nom du père séducteur et celui de la mère. Comme cet acte de baptême à Chambly: «Élisabeth Simpson, irlandaise, accouche le 18 mai 1773 d’une fille qu’elle fait baptiser à Saint-Joseph le 22 mai 1773, sous le nom d’Isabelle; Elle avoue, selon le rapport de la sage-femme et du parrain, le père être Jacques Livingston, marchand à Beloeil.» En général, les registres demeurent discrets sur les deux auteurs de l’enfant naturel. Sorte de sacrement de prévention, ou rite de discrétion autour d’amours fugitifs. Mais la déclaration de paternité pouvait permettre un recours, une obligation de réparations et de prise en charge éventuelle par le père. En Bretagne, parfois un curé enregistrait le baptême d’un enfant illégitime en rédigeant le texte à l’envers, tête en bas. Ou bien en latin. En Nouvelle-France, nous avons trouvé un personnage du nom de Pierre Courcanbec, propriétaire d’un terrain à Chambly. Intrigué par ce drôle de nom très bretonnant, j’ai voulu savoir qui était ce personnage: Pierre Courcanbec, avait épousé Rose Deniau à Détroit le 7 février 1727; et en secondes noces Jeanne Lalongé… Pierre Courquenbec, voyageur demeurant au faubourg Sainte-Anne, héritier de sa fille Marie-Anne Courquenbec, a un gendre du nom de Gabriel Maranda. (Gervais Hodiesne, 1er août 1757, no 2443). Je n’ai jamais pu découvrir les parents de ce Courcanbec. Jusqu’au jour où j’apprends qu’on inversait le nom d’un enfant illégitime, né de famille noble, pour cacher son origine honteuse. Alors devinez la souche de ce Courcanbec, si ce n’est une sorte de palindrome de Bécancour. Qui dit mieux ? Paul-Henri Hudon     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.