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Rue Louise-de-Ramezay | Ville de Chambly

Louise de Ramezay, née le 8 juillet 1705, fait partie d’une famille prestigieuse qui a participé aux événements les plus dramatiques de notre histoire nationale. Son père, alors qu’il était gouverneur de Montréal, a fait construire le célèbre château qui subsiste encore. Apprenant qu’un prisonnier anglais était un constructeur de moulin à scie, il «l’achète» aux Amérindiens et lui confie l’aménagement d’une scierie sur la rivière des Hurons, à Saint-Mathias. Malgré les diverses péripéties qui s’y déroulent (meurtre d’un esclave noir, procès divers, bris causés par les glaces), il semble que cette entreprise familiale marque l’enfance de Louise. C’est donc tout naturellement qu’elle en prend la direction lorsque l’occasion se présente, en 1738.

Jusqu’à sa mort, à l’âge de 71 ans, cette femme célibataire dirigera la scierie familiale avec obstination, malgré les nombreux obstacles. Le moulin est régulièrement détruit par les débâcles printanières. Elle s’associe à des gens qui la forcent à se battre en justice d’une manière constante. Si, au cours des premières années, la scierie lui procure d’importants revenus, elle accepte de vivre dans des conditions précaires lorsque se présentent  les difficultés… en attendant l’occasion de reprendre les rênes de son onéreux moulin. Après diverses ententes avec sa famille, elle détient la majorité de la seigneurie de Monnoir, en 1763. Douze ans plus tard, elle se retrouve entourée de Canadiens qui appuient les révolutionnaires américains lors du siège du fort Saint-Jean. Son neveu, Louis de Chaps de la Corne, meurt à l’intérieur de ce poste en combattant les rebelles. Elle fera transporter son corps à Chambly pour qu’il y soit inhumé. Le calme revenu, le moulin peut reprendre ses activités durant tout l’été 1776. Mais, le 22 octobre, un prêtre est appelé pour administrer les derniers sacrements à Louise de Ramezay qui décède le même jour. Son corps aurait été transporté le lendemain en la paroisse Saint-Joseph de Chambly pour être inhumé dans le cimetière. Elle n’a droit à aucun honneur particulier. Seuls, quelques employés et censitaires assistent à son enterrement. Parmi eux, son ancien employé, Jean Bertrand, et son épouse, chez qui elle a vécu ses dernières années. Louise de Ramezay, une grande dame d’ici, une grande dame de la rivière Richelieu, une grande dame de notre histoire nationale. Pourtant il ne reste aucune trace d’elle au cimetière de la paroisse Saint-Joseph.   Réal Fortin