Skip to main content

Un effet inattendu de la guerre de 1812

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

C’est tout à fait surprenant qu’un participant de la guerre de 1812, habitant dans la région de Niagara, vienne s’installer à Chambly après la guerre! à tel point que les historiens peuvent questionner l’affaire. Pourquoi ce déménagement? Pourquoi abandonner cette région agricole prospère pour venir gagner sa vie au Bas-Canada? Chambly a beau être jolie! Tout de même, laisser moulins, commerce, clients, parents et terres, il faut de solides raisons? Surtout quand on jouit d’un établissement prospère. Il avait même une esclave à son service. Cet anglophone quitte tout et vient refaire sa vie parmi des inconnus francophones à Chambly. Par quel hasard? Cette migration serait-elle une conséquence de la guerre?

Samuel Hatt (c1776-1842) vivait à Ancaster (aujourd’hui Hamilton) dans le Haut-Canada, région de Niagara, depuis 1796 avec son frère Richard Hatt (1769-1819). Il était marchand et propriétaire terrien. Samuel Hatt était aussi capitaine de deux compagnies de milice appelées les “Hatt’s Volunteers, le 2nd York et le 5th Lincoln Militia”. Il a participé activement à la guerre. Il accompagnait entre autres le colonel Isaac Brock à la bataille de Détroit. Les frères Hatt, après la guerre, participeront aussi comme juges de paix à des procès de trahison dans les districts de London et de Niagara, où ils sont chargés de juger des prisonniers. On sait que cette guerre de 1812-1814 n’a pas été qu’une marche unanime vers l’agresseur américain. Il y avait dans cette région des dissidents, des pro-américains. Toujours est-il que Samuel Hatt achètera le domaine seigneurial de Chambly le 17 août 1816. (notaire Thomas Barron). Il y élèvera sa famille, deviendra conseiller législatif et y sera inhumé près de l’église St. Stephen le 11 juillet 1842. Parmi ses neuf enfants, Augustus Hatt épousera Charlotte-Émilie de Salaberry, Richard Brock Hatt épousera Laetitia Yule. Deux filles feront des mariages brillants avec des négociants en vue de Montréal. En plus de gérer son domaine seigneurial et ses moulins à scie et à grains, le seigneur Samuel Hatt milite longuement, comme un des cinq commissaires, pour obtenir le creusage du canal de Chambly. Il s’implique à fond dans le transport par bateaux à vapeur sur le Richelieu à partir de 1820. Il contribue à la construction de l’église St. Stephen. À sa mort, il laisse des propriétés dans les townships des Cantons de l’Est, dans le Haut-Canada, ainsi que des propriétés et plusieurs moulins à Plantagenet dans l’Outaouais. Pour plus d’informations, on consultera, à la Société d’histoire, l’album La présence anglophone à Chambly, 1780-1880, par Paul-Henri Hudon, premier prix au concours de la Fondation Percy-W. Foy, en 2008.  Paul-Henri Hudon   Illustrations:a) L’ancien manoir du seigneur Gabriel Christie, construit vers 1798. La maison a été achetée par Samuel Hatt qui en fit son manoir. Archives de la SHSC.b) Le mausolée Hatt, cimetière de St. Stephen. Collection Paul-Henri Hudon.