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Une première messe à Chambly

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

C’est le père jésuite Pierre-Joseph-Marie Chaumonot qui a célébré la première messe – et sans doute plus d’une – au fort de Chambly en 1665.

«Le révérend père Chaumonot, nommé aumônier de l’armée de M. de Tracy, avait suivi à Sorel les soldats qui, en juillet, 1665 y avaient construit le fort Richelieu (sic – plutôt Sorel). Son zèle autant que son devoir le porta à visiter ceux qui, en août suivant, allèrent élever celui de Chambly. Il demeura même avec ces derniers à peu près tout le temps de sa construction. Durant la semaine où l’Église célébrait la fête de Saint-Louis, le fort étant terminé, l’aumônier offrit le saint sacrifice de la messe, en présence des deux compagnies et du capitaine de Chambly.» (Le diocèse de Montréal à la fin du XIXe siècle, p. 421). Pierre-Joseph-Marie Chaumonot (1611-1693), originaire de Châtillon-sur-Seine, Bourgogne, France, ordonné vers 1638, arrive en Nouvelle France la même année que Marie de l’ncarnation, soit le 31 juillet 1639. En août, on l’envoie au pays des Hurons, où il apprit la langue huronne, «la plus difficile de toutes celles de l’Amérique septentrionale», écrit-on. Il aurait laissé plusieurs beaux ouvrages en cette langue, dont une grammaire, «qui est fort utile à ceux qui arrivent nouvellement dans cette Mission». Il serait resté cinquante ans parmi les Hurons (DBC). Chaumonot a écrit sa propre biographie, où il raconte que son père était un «pauvre vigneron et que sa mère pauvre fille d’un maître d’école». Il avait travaillé cinquante-deux ans en Nouvelle-France (DBC). Grand voyageur devant l’Éternel, sa vie au Canada fut une longue suite de déplacements dans les bourgades de mission (chez les Neutres, chez les Pétuns, à Onontagué, mission St-Ignace, mission La Conception, mission Sainte-Marie, etc). C’est lui qui contribua à réinstaller les Hurons (environ 400) dans la région de Québec (à l’île d’Orléans, d’abord). Entre 1658 et 1673, où il revint à Québec avec des Hurons, il s’occupa d’affaires religieuses dans la région, il fonda l’historique Congrégation de la Sainte-Famille. Il n’abandonne pas les Hurons, qu’il établit dans la seigneurie des Jésuites qui reçut le nom de Lorette. Il bénit la chapelle le 4 novembre 1674. Le jésuite Chaumonot, 54 ans, est chapelain de quatre compagnies de soldats du 23 juillet 1665 au 3 octobre 1665, date où il retourne à Québec. C’est à ce titre qu’on le retrouvait à Chambly, lors de la construction des forts sur le Richelieu. Il se retire en 1691, après avoir été le premier religieux à célébrer à Québec son jubilé d’or de vie religieuse. Il décéda au collège des Jésuites à Québec, le 21 février 1693, âgé de 82 ans, moins un mois. Il est permis de croire que le Jésuite Chaumonot aurait célébré plus d’une messe sur la terre de Chambly en 1665. Nous pensons que les sépultures civiles à Chambly entre 1665 et 1739, année de l’érection de la première église et du premier cimetière paroissial, auraient été faites dans le cimetière dit militaire près du fort de Chambly, faute d’un cimetière paroissial consacré et d’un curé attitré. Par la suite les aumôniers du fort Saint-Louis, sont des Récollets. Ceux-ci étaient, en France, aumôniers attitrés des armées, en temps de guerre. Ils signent «Aumonier pour le Roi au fort de Chambly». Ceux-ci recevaient des émoluments pour leur service, d’au plus 500 livres. Quant aux prêtres séculiers, ils signent, comme Hugues Pommier le 26 janvier 1670: «Prêtre missionnaire du séminaire de Québec, faisant les fonctions curiales au fort de Saint-Louis et autres lieux circonvoisins». Il y a eu une érection civile de la paroisse en 1722. Mais l’église attendra; le cimetière attenant et un desservant attitré ne seront établis qu’en 1739. Le récollet Michel Levasseur, d’abord «aumônier pour le Roi au fort Pontchartrain», deviendra premier «curé de Saint-Joseph et desservant de La Conception de la Pointe à Olivier». Le roi ne leur verse plus d’émoluments. Paul-Henri Hudon RéférencesAndré Surprenant, Chaumonot, Joseph-Pierre-Marie, Dictionnaire biographique du Canada, vol 1, pages 210 à 212.Le diocèse de Montréal à la fin du XIXe siècle, page 421.Michel Langlois, Chaumonot, Pierre, Joseph, dans Carignan-Salière, 1665-1668, p. 275.La Société canadienne de l’histoire de l’Église catholique, Rapport, 1945-46, R.P. Archange Godbout, Les aumôniers de la vallée du Richelieu, p. 55 à 82.    Illustration Page couverture de la bande dessinée Missionnaire en Nouvelle-France, Pierre-Joseph-Marie Chaumonot (1611-1693). Éditions Anne Sigier, 1989.     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.