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Des bâtisses à l’abandon, témoins d’un patrimoine exceptionnel

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Au début du 20e siècle, à Chambly, on copiait les lords britanniques. On jouait au polo à cheval. On roulait en Rolls Royce. On embauchait des jardiniers pour les serres de fleurs et des “grooms” pour les pur-sang de Monsieur. Madame était servie au lit par ses domestiques. Et pour faire bon bourgeois, on prenait le “five o’clock tea” en distinguée compagnie.

Mais ce n’était pas le tout Chambly qui “britanniquait” ainsi. Non ! Il s’agit d’une élite venue de New York, d’Ontario et de Montréal. C’est les Coombe, les Timmins, les Rabinovitch et les Cypihot. Ils se sont succédé sur un très vaste emplacement portant une résidence de pierre cossue. À la période allant de 1900 à 1950, au temps de l’automobile, de la radio, des loisirs, de deux guerres mondiales et d’un dépression économique. Leur propriété était jusqu’aux années 2010 un terrain de golf, inséré entre la rue Daignault et la rue Georges-Pépin.   «Les Timmins avaient des écuries derrière la bâtisse principale et gardaient des chevaux de selle pour lesquels ils avaient établi un terrain de pratique et ils jouaient au polo sur leur grande propriété. Ils possédaient aussi de belles voitures dont une Rolls Royce et même un avion qui atterrissait près du Château Coombe, ce qui piquait la curiosité des jeunes voisins, les Huot et les Moquin de la rue Saint-Pierre qui accouraient pour l’évènement».  À l‘ère Rabinovitch, la ferme équestre des Timmins devient un terrain de golf, et les écuries sont transformées en Club House. Le “Château” est utilisé comme hôtellerie de luxe. Parallèlement à son terrain de golf, Rabinovitch rêve de films à tourner et il se lance dans la construction d’un studio de cinéma, un vaste bâtiment rectangulaire de 150 pieds par 75 pieds à deux étages. Les écuries qui avaient logé les chevaux des Timmins et peut-être ceux des Coombe, ont été légèrement agrandies pour les besoins des réceptions.»   Il ne reste plus rien du palace, appelé “Château Coombe”, rasé par un incendie en janvier 1948. Rien du cinéma, des tweeds et jersey anglais. Même les ruines de pierre, autrefois visibles depuis la rue Martel, sont enfouies sous quatre étages de condos modernes.  Mais on découvre dans un coin de ce terrain au-delà des fourrés, caché par des broussailles, un vaste bâtiment qui fut beau et accueillant avec ses pignons et ses lucarnes en croupe. Ce sont les écuries devenues chalet de golf, abandonnées comme un amoureux éconduit, courbées comme un vieillard. Il faut pour les trouver, contourner les immeubles, enjamber les ronces et les chardons et enfin les entrevoir au soleil couchant. Là se meurent le haras des Timmins et le chalet des golfeurs. Plus de “greens” ni de crickets, ni de polos. L’âme britannique s’est envolée.   Paul-Henri Hudon   Source: Le “Château” à Chambly, dit le Château Coombe”, dans les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 18, novembre 1992, pages 20 à 40, par Bernadette Laflamme, Janine Maugy et Louise Monty. Archives de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, Fonds Jean-Cypihot, P-122. Illustration: Photo personnelle de l’auteur de l’article.   Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.