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Du nouveau concernant le cimetière de la rue Charles-Boyer

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Il y aurait effectivement dans ce cimetière méthodiste 59 sépultures, dont 44 personnes sont actuellement identifiées. Quelques plaques de pierre au sol révèlent, en dégageant les herbes, ici une pierre cassée, une date incomplète, là un nom gravé.

Sur un document de 1953, découvert récemment par madame Barbara Bruce aux Archives nationales de Montréal, on peut localiser chacune des tombes numérotées, ainsi qu’une liste de noms. La situation de l’église à l’angle de l’avenue Bourgogne et de la rue Charles-Boyer, et le plan des fosses et des arbres nous permettent de sortir de l’ombre le lot de chaque trépassé reposant dans cet ossuaire. Mme Bruce, une passionnée d’histoire de sa communauté chrétienne, cherche à mettre en valeur cette nécropole abandonnée. Elle a identifié les tombeaux d’au moins deux défunts décédés accidentellement lors des nombreuses explosions de la compagnie C.I.L. à Beloeil.   Rappelons que ce cimetière est situé en plein centre urbain, sur la rue Charles-Boyer à Chambly, sans qu’aucun monument, ni stèle, ni indication ne nous signalent sa présence.  À croire qu’il s’agit d’un terrain désert, abandonné, un lot oublié par les promoteurs immobiliers.  Des recherches en 1979 par une membre de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly avaient révélé que cet enclos conservait environ une douzaine de dépouilles. Personnellement, nous avions retracé dans les recensements et dans les registres la présence à Chambly d’une bonne soixantaine de fidèles méthodistes, individus et familles. Sans connaitre cependant tous leurs lieux de sépulture. Le plus réputé d’entre eux était Samuel Thomas Willett, cet entrepreneur et industriel très connu à Chambly-Canton, mais qui a été inhumé en 1913 au “Mount-Royal Cemetery” à Montréal.  Un cimetière rappelle généralement une présence oubliée. Un cimetière veille sur les morts. C’est une vigie. Il nous parle d’autrefois. Ce champ de repos de la rue Charles-Boyer, lui, semble plus silencieux que le silence, plus ténébreux que la terre, Comme ces cimetières marins, balayés par les flots, il est là, présent et absent à la fois. Sans stèle, ni croix, ni statue, ni urne, ni charnier, ni chapelle, ni mausolée, seulement des fosses comblées, muettes. Monument impersonnel, ce cimetière est mort avec ses morts. À moins qu’on l’identifie ne serait-ce qu’au moyen d’une stèle commémorative.  Paul-Henri Hudon Christine Lamontagne-Lareau, Cimetières oubliés, dans Les Cahiers de la seigneurie de Chambly, no 2, octobre 1979, pages 8 à 13.Paul-Henri Hudon, La présence anglophone à Chambly 1780-1880. Essor et déclin d’une minorité, Fondation Percy-W. Foy, 2008, 290 pages.   Illustration: Archives de la SHSC, Documents cartographiques; copie partielle d’un Plan of Cemetery, United Church of Canada, 1953, déposé par Mme Barbara Bruce. Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.