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L’amitié entre Jacques Viger et Salaberry

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Jacques Viger (1787-1858), journaliste, auteur, collectionneur et historien, officier de milice et premier maire de Montréal, a aussi été capitaine d’une compagnie de Voltigeurs sous le commandement de Charles-Michel de Salaberry (1778-1829).

Après la guerre 1812-1815, les deux hommes ont entretenu des relations amicales. Précédemment, nous avons vu que Jacques Viger avait commandé la gravure de Salaberry. Quelques lettres de Salaberry adressées à Jacques Viger témoignent de leur vive amitié (1). Le 12 septembre, 1825, Salaberry écrit de Chambly à son ami Viger pour lui annoncer une bonne nouvelle.   «Mon cher ami,   C’est avec la plus vive satisfaction que nous avons reçu la charmante réponse de madame votre épouse qui nous affirme qu’elle veut bien nous honorer en devenant la marraine d’un de nos petits enfants (2). J’ai à présent le plaisir de lui annoncer que ma femme m’a donnée une petite fille la nuit dernière et que la mère et l’enfant sont bien pour le temps. Si la chose peut être agréable à madame Viger, nous serons bien aise de faire faire le baptême demain, avant dîner. Ne manquez pas d’accompagner Madame, car sans vous, les affaires dont il s’agit ne seraient pas faites convenablement. Si une des demoiselles Lennox veut nous faire l’honneur d’accompagner leur maman, cela sera un surcroît de bonheur pour nous. En attendant le plaisir de vous voir sans faute demain, je suis toujours votre dévoué serviteur et ami, Chs de Salaberry.»   Le 13 septembre 1825, Catherine Eugénie de Salaberry, fille de Marie-Anne-Julie Hertel de Rouville et Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry est baptisée à l’église Saint-Joseph. La marraine est Marguerite de La Corne (3), épouse de Jacques Viger et le parrain, le prêtre Pigeon.   Le 30 mars 1826, Salaberry écrit de nouveau à Viger. «Il faut convenir que Madame la Marraine a fait un bien superbe présent à sa petite filleule. Ce hochet est véritablement un chef-d’oeuvre en son genre, et pour mettre le comble à la générosité, il faudra que Madame Viger nous fasse l’honneur de venir dans les (mot illisible) aux chemins de l’été en recevoir les remerciements qui lui sont si justement dus. (…) Madame de Salaberry me prie d’offrir ses meilleures civilités à Madame Viger et à ses Demoiselles, auxquelles je prends la liberté de joindre les sentiments de mon profond respects, et pour vous, mon cher Capitaine, l’amitié la plus vive. Chs de Salaberry.»   Salaberry meurt subitement le 28 février 1829. Le 3 mars, jours de ses funérailles, Jacques Viger est présent et appose sa signature, parmi des dizaines d’autres, à la suite de l’inscription de l’acte de décès dans le registre paroissial.   Louise Chevrier   1. Ces lettres se trouvent dans le fonds Viger-Verreau, Archives du Séminaire de Québec. Transcription par Louise Chevrier. 2. À cette époque, il était courant d’utiliser l’expression petits enfants pour parler de ses enfants. 3. Marguerite de La Corne (1775-1845), veuve du major John Lennox, fille de Luc Saint-Luc de La Corne et Marguerite Marie Boucher de Boucherville. Fille de la noblesse et veuve d’un officier britannique de qui elle a deux filles, elle épouse Jacques Viger à Montréal, le 17 novembre 1808.   Illustration: Portrait de Marie-Marguerite de La Corne (1775-1845). © Musée McCord     Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.