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Pour la mémoire des Vétérans, pas de meilleur endroit à Chambly

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Un magnifique parc vient d’être inauguré au 2277, avenue Bourgogne, à l’angle, ou presque, de la rue Lafontaine à Chambly. C’était le mardi, 9 août 2016, en présence de plusieurs dignitaires des Forces armées canadiennes, et de représentants politiques de notre démocratie. Cérémonie émouvante ! Ce champ de deuil à été dédié à tous les anciens combattants qui ont risqué la mort et souvent laissé leur vie sur les théâtres de guerre de notre planète. Au souvenir des soldats des deux guerres mondiales, à ceux de la guerre de Corée et aux Bérets Bleus récents. Chapeau ! Salut à tous, main au front !

Un parc à cet endroit cache un étonnant passé. Il y a de l’histoire, non seulement dans le centenaire héroïque des soldats, mais aussi dans ce terrain commémoratif. On revient à une occupation militaire sur ce lot. Voyons un peu:   L’emplacement a appartenu autrefois à l’armée britannique. À l’époque coloniale, en 1802, “le lieutenant-colonel Gabriel Gordon dans le 60e régiment britannique” avait acheté ce terrain avec la maison (aujourd’hui au 32, rue Centre), appelée “Government House”. D’autres grosses pointures, comme Augustus Kuper, en 1814, “assistant commissaire général au fort” et “barrack master”, William Wiltshire Wilson, général dans les armées britanniques à Chambly en 1822, ont occupé ce terrain et habité la maison. Bref ce lot entre 1802 et 1871 était réservé aux Officiers de Sa Majesté britannique.   L’avenue Bourgogne a porté le nom de “Old Military Road”. On peut le lire sur quelques documents d’époque. Et pour cause, l’avenue Bourgogne a vu passer des milliers de soldats:  Les Compagnies franches de la Marine, les troupes de Montcalm, les Rangers américains de Montgomery, les régiments britanniques de Burgoyne, les mercenaires allemands de Riedesel, les Voltigeurs de Salaberry, les Chasseurs canadiens de Gérald de Courcy, le régiment suisse de Meuron, Les Canadian Rifles de Gustave Drolet, et de nombreux détachements britanniques, dont le plus remarqué fut le “First King’s Dragoon Guards Regiment”, de 1838 à 1843, commandé par le lieutenant-colonel George Cathcart. Et j’en passe. Je pourrais mentionner de plus les compagnies de milice qui ont paradé dans les rues de Chambly.   Justement, avant les Britanniques, le “capitaine de milice” Toussaint Ferrière, “garde-magasin au fort de Chambly, ex-capitaine de transport à Chambly durant la dernière guerre avec les Américains” possédait ce terrain. Comme si cette terre revendiquait la succession des armes, le privilège des galons, l’héritage du sang. D’ailleurs, c’est tout le sol de Chambly qui se souvient de la guerre. Chambly est né de la guerre en 1665, alors que le régiment de Carignan-Salières est venu combattre les Iroquois et construire des forts. Chambly a connu une vocation militaire de deux cents ans, soit grosso modo de 1665 à 1869, alors que les dernières unités du 30ème régiment des “Royal Canadian Rifles”, quittaient définitivement les casernes.     L’histoire, vous le voyez, a de ces revirements inattendus. Ce parc est revenu aux militaires, comme un retour de flamme, j’allais dire un “retour d’âge”. Une volte-face où le présent réoccupe le passé.   Paul-Henri Hudon   Illustrations: Photos personnelles de l’auteur, déposées aux archives de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly.   Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.