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Qu’est-il arrivé à l’indienne Geneviève Caris?

By 10/04/2019May 9th, 2019No Comments

Cette jeune indienne de la nation panisse, esclave au service du commandant Pierre-Jacques Daneau de Muy (1695-1758), se retrouve à Chambly vers 1751, arrivée sans doute par suite du déplacement de son maître. En effet, Daneau de Muy avait été commandant du fort de Détroit en 1725 et au fortin Saint-Joseph (Michigan). D’ailleurs il retournera au Détroit en 1754 pour y rester jusqu’en 1758 où il décèdera.

Or, bonheur ou malheur, Geneviève Caris épousera un «soldat de la garnison de Chambly», Raymond Calmet dit Jolibois le 24 juillet 1752 à la paroisse Saint-Joseph. Deux enfants naissent, Geneviève en octobre 1753 et Julie Calmet en septembre 1754. Puis la mère et ses deux poupons Calmet disparaissent des radars de l’histoire. Plus de trace, aucune. Pas de sépultures ni de la mère, ni de ses deux filles? Du moins pas dans la région de Chambly. Pas de descendant connus non plus. Qu’est-il arrivé?  La Panisse Geneviève Caris serait-elle retournée dans le pays de ses ancêtres, lors de la ré-affectation à Détroit de son maître Daneau de Muy? Amenant ses deux fillettes; abandonnant son légitime mari?  «La Caris», comme on la surnommait, serait-elle plutôt décédée ainsi que ses bambines, quelque part entre les postes militaires, quand le dit Jolibois devait marcher vers un autre fort?  Ou quand son maître se rendait dans sa seigneurie à l’est du lac Champlain?   Il se trouve que Raymond Calmet dit Jolibois (c1716-1794) convolera en secondes noces avec Catherine Choinière dit Sabourin le 4 octobre 1756. Ce soldat ne pouvait se remarier sans l’assurance du décès de sa première épouse. Et d’autre enfants naissent: Catherine Calmet le 20 juin 1757, mais elle meurt trois mois plus tard. Une autre Catherine Calmet nait le 24 mars 1764; et une Marie Jolibois le 2 juin 1766.   Cette dernière «Catherine Calmene (sic), épouse de Joseph Limitière dit Villeronde» (selon le registre de Saint-Mathias), est inhumée à l’âge de 25 ans le 13 juin 1788. Nous n’avons pas retrouvé l’acte de mariage.   Quant à Marie Jolibois elle épousera Pierre Gaboury (1764-1832) à Saint-Mathias le 19 novembre 1787. Sept enfants suivront, dont Apolline Gaboury (1803-1878), mariée à Jacques Beauvais le 9 août 1825 à Saint-Mathias. Celle-ci décèdera à Highgate, Franklin, Vermont en 1878.  Il faut donc corriger sur Ancestry.com les informations à l’effet que les descendants de Pierre Gaboury sont tous métissés par le fait de la panisse Geneviève Caris. Il n’en est rien.   Quant aux esclaves de la même époque, on trouve à Chambly: une esclave chez Jean-Baptiste de Rouville du nom de Marie-Anne, «sauvagesse sioux de 35 ans», qui fut baptisée et inhumée le même jour, le 29 juin 1763, à la paroisse de L’Immaculée-Conception de Saint-Mathias. Aussi le sieur François Énouille dit Lanoix et son épouse, Michelle Grisé, qui font aussi baptiser Marie-Anne, «nègre (sic) de 17 ans», à Saint-Mathias, le 1er juillet 1763. Cette esclave nègre était devenue une «sioux de nation» lors de sa sépulture, le 9 juillet 1763.   Paul-Henri Hudon Illustration: Le Canada-Français, 16 août 1901.   Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.