«Dimanche, le 28 avril 1833, à dix heures du matin, le bateau à vapeur L’Edmund Henry a fait son apparition dans notre rivière qu’il est destiné à desservir. Il a salué nos villages par un coup de canon auquel a répondu le canon de Mr. Toussaint Drolet MPP (ndlr: Membre du Parlement provincial) marchand de St. Marc.
Le bateau à vapeur était chargé de voyageurs et de voyageuses qui venaient visiter les sites charmants de notre belle rivière et d’une forte quantité de bagages et de marchandises. Son premier voyage sur le point d’être parfait a été signalé par un malheur déplorable. Trois personnes, parties du rivage de Saint-Denis pour rejoindre le bateau à vapeur dans un canot fort léger, se sont approchées trop près de la machine dont les mouvements n’étaient pas arrêtés; la roue a touché le canot et l’a fait s’engloutir rapidement. Une des personnes qui était dedans a eu le bonheur (sic) de sauter avec agilité sur le pont du bâtiment à l’aide d’un poteau qu’elle a saisi et des secours qui lui ont été tendus sans délai. Restaient dans le canot un habitant et son fils qui étaient venus conduire à bord le passager. Ces malheureux, que la force de la machine avait entraînés sous le bateau, n’ont eu d’autres ressources que de s’accrocher à l’une des barres de fer qui sont près des rouages. Ils sont restés quelques minutes dans cette position pénible, et ce n’est qu’après avoir fait plusieurs fois le tour du bateau qu’on est parvenu à découvrir ce malheureux père tenant d’une main son enfant âgé de dix ans, et de l’autre, se cramponnant au fer qui le retenait. On est parvenu à les sauver sans autre mal que la peur. L’Edmund Henry est redescendu lundi pour Québec.» Extrait de L’Écho du Pays, jeudi 2 mai 1833 Recherche : Gisèle Guertin, Mont-Saint-Hilaire Ce texte vous inspire des commentaires? Vous souhaitez émettre une suggestion? Merci de nous écrire.
